Historique de l'association


Le corporatisme du secteur horloger jusqu'aux années soixante


La grande crise des années trente conduisit l’horlogerie à mettre en place, sous l’égide de la Confédération, un statut légal de l’horlogerie, régime corporatiste à l’opposé de l’actuelle loi sur les cartels et de l’action conduite par la COMCO. Incroyablement rigide, ce système reposait sur d’innombrables associations professionnelles, qui négociaient entre elles des tarifs obligatoires pour chaque entreprise, avec un système de surveillance et des amendes importantes pour les contrevenants. Les effectifs des entreprises étaient contingentés et l’administration était seule compétente pour accorder le droit d’engager un ou deux collaborateurs de plus.


Le secteur des composants était le plus morcelé. Chaque secteur de fabrication était un « groupement » (pignons, pierres, ressorts, aiguilles, etc.). Certains secteurs étaient même partagés en plusieurs associations. Il y avait deux associations de fabricants de cadrans, l’une pour ceux du cadran métal, l’autre pour ceux du cadran émail. Et les fabricants de boîtes de montres étaient répartis en quatre groupements, en fonction de la matière qu’ils utilisaient.


Le produit terminé de qualité (montre ancre) était organisé, lui, sur une base territoriale et le territoire de chaque association était clairement défini. Ces associations n’étaient que six mais trois d’entre elles se partageaient le canton de Neuchâtel (Le Locle, La Chaux-de-Fonds et Fleurier). Les fabricants de produits bon marché et d’une durée de vie courte (montres Roskopf) avaient leur propre association, qui a disparu avec l’apparition des montres électroniques à affichage numérique.


Les associations de fabricants de composants étaient regroupées dans l’Union des branches annexes de l’horlogerie (UBAH), les associations du produit terminé ancre dans une Fédération horlogère (FH) différente de celle d’aujourd’hui, l’une et l’autre se retrouvant au sein de la Chambre suisse de l’horlogerie.


Le système corporatiste fut démantelé au cours des années soixante. Depuis lors, l’histoire des associations horlogères est celle de leurs fusions successives.


Des regroupements successifs


Du côté des parties détachées, le regroupement s’est essentiellement fait autour de deux associations travaillant sous le même toit : l’Union suisse pour l’habillage de la montre (USH) et l’Association patronale pour l’industrie et le commerce (APIC).


Résultat de la fusion des diverses associations de fabricants de boîtes, l’Union suisse des fabricants de boîtes de montres (USFB) était, dans les années septante, la plus grosse association de l’UBAH, la seconde étant l’Association suisse des fabricants de cadrans. Ensemble, ces deux associations créèrent l’USH.


L’APIC regroupa, elle, les secteurs des composants du mouvement tels que les ressorts, les pignons ou les pierres.


En 2007, l’USH et l’APIC fusionnèrent sous le nom d’USH-APIC.


Le secteur du produit terminé ne connut qu’une seule fusion : celle de l’Association patronale du district du Locle (APL) et du Syndicat patronal des producteurs de la montre (SPPM). Depuis longtemps, l’APL et le SPPM se partageaient le même secrétaire général. En 1999, elles se réunirent sous le nom d’Association neuchâteloise des industriels de l’horlogerie, de la microtechnique et des branches affiliées (ANIM). L’ANIM s’étendit tout naturellement à l’horlogerie du Val-de-Travers, dont l’association était moribonde.


Pour être complet, il convient de préciser que la création de l’ANIM avait été précédée du regroupement de deux associations locloises étroitement imbriquées l’une dans l’autre : l’APL et l’Association des fabricants d’horlogerie du district du Locle (AFHL), qui était la section locale de la FH et n’avait pour membres que des fabricants d’horlogerie. Tous les membres de l’AFHL étaient membres de l’APL mais cette dernière comptait aussi dans ses rangs des industriels d’autres secteurs, notamment des fabricants de parties détachées horlogères et de machines. L’AFHL décida sa dissolution en 1997. Elle transféra la plus grande partie de sa fortune à l’APL et celle-ci devint la section locloise de la FH.


En 2007, à la suite du départ de son secrétaire général, l’USH-APIC confia son secrétariat à la secrétaire générale de l’ANIM,  Mme Marie-Thérèse Kohler Fiorellino, avec bien sûr l’accord de cette association. Dès lors, les choses allèrent vite. Au début de 2009, les secrétariats patronaux  et les agences AVS-ALFA des deux associations étaient regroupées sous un même toit, à la Chaux-de-Fonds. En été de la même année, les deux agences AVS-ALFA étaient fusionnées.  Puis, en juin 2011, les assemblées générales acceptèrent le principe d’une fusion des associations, fusion réalisée au début de 2012.